Classement de l’église Saint-Georges de Marloie

La ministre du Patrimoine a procédé au classement comme monument de l’église Saint-Georges de Marloie, un témoin majeur de la reconstruction d’après-guerre et du renouveau de l’architecture religieuse en Wallonie.

Une histoire marquée par la guerre et la Reconstruction

Sous l’Ancien Régime, une chapelle dédiée à saint Georges occupait le site de la vieille cense de Marloie. Démolie en 1896, elle fut remplacée à proximité par une église placée sous le même patronage. Le 21 mai 1944, l’explosion d’un train de munitions allemand en gare de Marloie ravagea profondément l’édifice et une partie du village. Après la guerre, la reconstruction fut envisagée dans un esprit résolument neuf, avec l’appui de la Caisse autonome des dommages de guerre. En 1954, le projet fut confié aux architectes Victor Sarlet et Raymond Lamarche. Inaugurée en 1956, la nouvelle église prit place à l’angle de la rue de la Station, à proximité immédiate de la vieille cense et de la gare.

Une architecture moderniste remarquable

L’ensemble se distingue par une composition claire, sobre et dynamique, fondée sur l’emploi du béton armé, de l’acier et du verre. Isolée sur un vaste parvis, la tour-clocher haute de 30,5 mètres constitue un repère majeur dans le paysage de Marloie. Une élégante galerie à colonnes relie le clocher à l’église et longe la façade principale sous des voiles de béton ondulants. À l’intérieur, de fines colonnes en béton soutiennent une voûte surbaissée et renforcent l’ampleur de l’espace. La conception fonctionnelle distingue les volumes selon leur usage tout en maintenant une forte cohérence d’ensemble.

Un ensemble artistique conçu comme un tout

L’architecture est indissociable de son décor. La façade principale est ornée d’une mosaïque de Maurice Rocher, réalisée entre 1972 et 1978, représentant le Christ entouré de saints et d’anges. Les vitraux lumineux de Louis-Marie Londot, créés en 1974, prennent place dans des fenêtres-bandeaux. Le mobilier et les œuvres intégrées, dus notamment à Georges Boulmant et Zéphir Busine, participent à l’unité du lieu : fonts baptismaux, tabernacles, chemin de croix, statuaire en fer battu et autres éléments liturgiques ont été spécialement conçus pour l’église ou correspondent pleinement à son esprit.

Pourquoi un classement comme monument ?

Le classement reconnaît les intérêts historique, mémoriel, architectural, artistique, esthétique, technique, paysager, urbanistique et social de l’ensemble. L’église constitue une expression rare et particulièrement précoce du modernisme appliqué à l’architecture religieuse en Wallonie, tout en conservant son caractère homogène et son expression originale. Son clocher, son parvis et son implantation contribuent en outre fortement à l’identité du centre de Marloie. Le classement porte sur la tour-clocher, l’église, son sous-sol et la galerie qui les relie, ainsi que sur les principales œuvres et objets conçus comme parties intégrantes du monument. Une zone de protection est également prévue afin de préserver les vues, les volumes et le cadre bâti qui participent à sa valeur patrimoniale.

 

Photo © SPW/AWaP – V. Rocher 

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