Archéologie

Archéologie

De plus en plus professionnelle et systématique, l’archéologie contribue à la découverte du patrimoine historique de Wallonie.

Grâce aux énormes progrès techniques et méthodologiques, l’archéologie a enrichi de façon remarquable la connaissance de notre histoire.

Aujourd’hui en Wallonie, la plupart des interventions relèvent de l’archéologie préventive.

Archéologie préventive : près d’une centaine de sites évalués chaque année

En quoi consiste l'archéologie préventive ?

L'archéologie préventive a pour objectif d’étudier et de préserver les traces ou les éléments du patrimoine archéologique menacés par les travaux d'aménagement, d’urbanisme ou d’infrastructure.

Elle consiste à collecter, conserver et étudier les données archéologiques avant la destruction ou la transformation (cfr modification partielle ou encore restauration, transformation ou destruction d'un bâtiment) du site liée aux opérations d’aménagement. C’est souvent la première, et plus souvent encore la dernière, occasion de mettre au jour et d’étudier des vestiges et les marques du passé contenues dans le sol ou dans les bâtiments.

Elle permet de recueillir des informations extrêmement précieuses et d’enrichir l’histoire de nos villes et de nos campagnes.

 

Quelques repères…

  • FIN DES ANNÉES 1970

    L’archéologie préventive est pratiquée sur le territoire de la Wallonie depuis la fin des années 1970.

  • LÉGISLATION DE 1991

    Un décret du Parlement wallon l’instaure dans la législation régionale en 1991, deux ans après la régionalisation de l’archéologie. Elle a été confirmée et précisée par voie décrétale en 2014.

  • PRÈS DE 100 SITES

    Chaque année, dans le cadre de l’archéologie préventive, près d’une centaine de sites sont évalués ou fouillés et 75 suivis de chantiers sont réalisés.

Une démarche en concertation

Les fouilles de prévention se font en concertation avec les aménageurs. Les terrains concernés peuvent éventuellement être libérés de toute contrainte archéologique après une évaluation ou, le cas échéant, après la fouille exhaustive par grand décapage des zones qui le justifient.

 

En ville et en zone rurale : les caractéristiques

En ville, ces opérations sont autant d’occasions uniques d’examiner les origines et le développement des noyaux urbains jusqu'à l'époque contemporaine, et de les confronter aux données historiques disponibles.

À l’exception des grandes zones d’activité économique, l’archéologie préventive en milieu rural se distingue par son éclatement géographique en de multiples interventions. Celles-ci répondent au caractère généralement plus réduit des aménagements : voirie, lotissements, projets touristiques, transformation, restauration ou démolition de bâtiments…

 

Visites de chantier et publications

Une attention particulière est aussi réservée à la diffusion et à la publication des résultats.

Découvrez le fruit de ce travail archéologique sous différentes formes :

  • VISITES DE CHANTIER

    Des visites de chantiers sont régulièrement organisées par les archéologues. Elles accueillent des riverains, des écoles et des férus d’histoire.

  • CHRONIQUES DE L'ARCHÉOLOGIE WALLONNE

    Chaque année, le périodique « La Chronique de l’archéologie wallonne » vous informe sur les opérations et recherches. Il vous livre de brèves notices, très accessibles, sur tous les sites fouillés l’espace d’une année.

  • JOURNÉES D'ARCHÉOLOGIE

    Tous les deux ans, rendez-vous aux Journées d’archéologie en Wallonie, consacrées à différents chantiers et études.

  • COLLECTION DE DOCUMENTS

    Les résultats des recherches et analyses sont également publiés dans des monographies éditées dans la collection « Études et Documents / Archéologie ».

 

Retrouvez la liste des documents et publications à votre disposition

Inventaire et zonage : des données fines de l’archéologie en Wallonie

Afin d’améliorer la gestion, la prévention et la connaissance du patrimoine archéologique en Wallonie, deux bases de données ont été réalisées : l’Inventaire des sites archéologiques de Wallonie et le Zonage archéologique de Wallonie. Cette cartographie numérique constitue un ensemble évolutif de données.

L’Inventaire des sites archéologiques de Wallonie

L’Inventaire des sites archéologiques de Wallonie s’adresse aux chercheurs désireux d’étudier des thématiques ciblées.
La base de données et la cartographie qui l’accompagnent peuvent notamment aider à appréhender une région en classant les sites archéologiques selon :

  • la chronologie
  • les types de vestiges
  • leur état de conservation
  • les méthodes d’interventions

L’Inventaire des sites archéologiques de Wallonie repose sur l’analyse critique des sources écrites et cartographiques, ainsi que sur le traitement de l’information fournie par les fouilles archéologiques et les prospections (pédestres, aériennes, géophysiques…).

La priorité de l’étude est donnée à la localisation précise des sites. Leur description et celle de leurs composantes précèdent une classification par période chronologique, de la Préhistoire à l’Époque contemporaine.

La datation des sites est corroborée par la détermination du matériel archéologique le plus représentatif, confronté aux renseignements notamment livrés par les sciences naturelles.

Par ailleurs, les informations relatives aux circonstances des découvertes, aux méthodes de recherches et à l’état de conservation des sites sont examinées.

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Le Zonage archéologique de Wallonie

Le Zonage archéologique de Wallonie intègre les données ponctuelles issues de l’Inventaire des sites archéologiques, mais aussi les données continues qui résultent d’analyses géomorphologiques :

  • Etude des territoires paysagers
  • Etude du relief, des sols et du sous-sol
  • Etude des ressources naturelles
  • Etude de l’accessibilité au réseau hydrographique

Le Zonage archéologique formalise l’aléa du risque archéologique. C’est donc un service qui permet notamment à tout aménageur d’intégrer l’impact archéologique éventuel dans son projet.

Le Zonage permet de mettre en évidence les lieux où l’homme aurait pu vivre. Seule la fouille de ces sites pourra venir confirmer ou non la présence d’un peuplement à ces endroits.

La Wallonie est couverte par un zonage archéologique depuis 2014. Une version est disponible à l’état de prototype. Elle est publiée en ligne à titre indicatif. Dans le futur, l’adoption d’arrêtés d’application la rendra opérationnelle.

Dans le futur, l'objet principal du Zonage archéologique sera de définir quand les services de l’archéologie dans les provinces devront être interrogés dans le cadre de la délivrance des permis d’urbanisme, d’urbanisation et des permis uniques, afin d’assurer l’identification, la gestion, l’étude et la protection appropriée du patrimoine archéologique.

À ce jour, la gestion du Zonage archéologique relève de la Direction de l’archéologie qui est en charge de l'outil : évolution au regard de l’acquisition de nouvelles connaissances, de la définition d’objectifs stratégiques régionaux, notamment dans une perspective de développement durable.

OÙ CONSULTER LA CARTOGRAPHIE DU ZONAGE ?

Consulter la cartographie du zonage archéologique en ligne

Mise à disposition possible sur site FTP, ou sur simple demande écrite à l’adresse suivante : SPW – DGO4 – Direction de la géomatique, donnees.dgo4@spw.wallonie.be

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Autorisation de fouilles archéologiques : comment procéder ?

Un sondage ou une fouille archéologique s’inscrivent dans une démarche scientifique. Mais celle-ci est en même temps une analyse destructrice.

C’est pourquoi toute fouille archéologique doit faire l'objet d'une autorisation délivrée après enquête administrative et scientifique (Titre IV du Livre III du CWATUP, chapitre III, art. 237 à 241).

QUELLES INFORMATIONS ENVOYER AVEC LA DEMANDE ?

Afin de pouvoir délivrer cette autorisation et selon les modalités prévues aux articles 515 à 521 du CWATUP, l’Administration doit être en possession des renseignements suivants :

  • Nom et adresse du ou des demandeurs
  • Localisation des travaux envisagés, avec extraits de carte au 1/10 000e et plan cadastral
  • Dates prévues pour les travaux (début et fin)
  • Motivation de l'intérêt des fouilles ou sondages
  • Présentation des compétences des responsables et la description des moyens humains et techniques disponibles
  • Description des modalités d'organisation du chantier, notamment le plan de sécurité
  • Description des mesures prévues pour la remise en état du terrain et la conservation éventuelle des vestiges
  • Preuve d'un accord avec le propriétaire du site relatif au déroulement des travaux et à la remise en état du terrain
  • Preuve d'un accord avec le propriétaire du site relatif à la dévolution des biens archéologiques et au dépôt de ceux-ci
  • Engagement de rassembler les biens archéologiques dans des dépôts agréés et accessibles aux chercheurs
  • Engagement d'établir des rapports périodiques sur l'état des travaux et un rapport final à déposer dans un délai déterminé
  • Le cas échéant, une copie de l'arrêté de classement du monument, du site, de l'ensemble architectural ou du site archéologique, avec localisation à l'extrait cadastral

 

OÙ ENVOYER LA DEMANDE ?

La demande d'autorisation de procéder à des sondages ou à des fouilles doit être introduite en six exemplaires (signés en original), envoyée par envoi recommandé à la poste avec accusé de réception postal ou déposée, contre récépissé auprès de :

 

  • Direction générale opérationnelle de l'Aménagement du Territoire, du Logement, du Patrimoine et de l'Energie, Département du Patrimoine - Direction de l'Archéologie
  • Rue des Brigades d'Irlande 1
    5100 Namur

 

Un accusé de réception précisant si la demande est complète est envoyé dans les 15 jours.
La décision motivée du délégué du Gouvernement wallon est envoyée dans un délai de 90 jours.

En savoir plus sur la procédure

L’agrément de dépôt de biens archéologiques : pour qui et comment ?

L’agrément de dépôt de biens archéologiques : pour qui et comment ?

Une institution muséale qui souhaiterait accueillir des collections de mobiliers archéologiques issues de fouilles réalisées par l’AWaP sur son territoire géographie doit obtenir un agrément pour ses réserves.

Les exigences pour l’obtention de cet agrément sont décrites au sein du Code wallon de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et du Patrimoine, dans le Titre III du Livre IV, au chapitre VI, articles 525 à 529 (https://wallex.wallonie.be/PdfLoader.php?type=doc&linkpdf=1447-1419-811)
Une demande de visite préalable à la remise du dossier peut être faite auprès de la Direction d’appui scientifique et technique.

Cette visite a pour but d’évaluer la recevabilité du dossier et de proposer des conseils de mise en conformité, si cela s’avère nécessaire. Le formulaire de demande est disponible à l’adresse suivante : http://dgo4.spw.wallonie.be/dgatlp/dgatlp/pages/patrimoine/Dwnld/demande_agrement_depot_archeo.pdf

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Que faire si vous trouvez des objets ou des vestiges d’une construction ancienne ?

Découvertes fortuites

Lors de travaux ou en toute occasion autre que des fouilles (autorisées), des tessons, des pierres taillées, des objets archéologiques peuvent être mis au jour.

Dans ce cas, l’inventeur de ces vestiges ou objets, c’est-à-dire l’auteur de la découverte, est dans l’obligation de la déclarer auprès de la Commune ou du Service de l’archéologie de la DGO4.

 

Que se passe-t-il alors ?

Ces services vont soit :

  • Simplement recenser la découverte
  • Entamer rapidement une intervention de sauvetage afin de recueillir les informations utiles à l’archéologie

Entre temps, les biens archéologiques découverts et leurs sites doivent être maintenus en état, préservés des dégâts et rendus accessibles par le propriétaire, l’occupant ou l’inventeur. 

A qui appartient l'objet trouvé ?

Suivant le Code civil, le propriétaire d’un terrain est également propriétaire de ce qu’il contient. Si la découverte n’est pas le fait du propriétaire du terrain où elle a lieu, le bien revient pour moitié à l’inventeur, pour moitié au propriétaire.

Cependant, si la découverte s’est produite dans le cadre de prospections non autorisées (détecteur de métaux, par exemple), l’inventeur n’est pas dans la légalité. Il ne peut revendiquer aucun droit sur la découverte.

Il est loisible aux inventeurs et propriétaires de déposer les objets dans des centres de conservation agréés ou dans des musées.

Détecteurs de métaux : interdiction

Pour rappel, l’art. 244 du Code wallon de l’aménagement du territoire, du logement et du patrimoine interdit l’utilisation de détecteurs électroniques ou magnétiques pour procéder à des fouilles ou sondages archéologiques.

Seule la Région wallonne est habilitée à délivrer une autorisation de fouille valable (ni le propriétaire, ni l’occupant du terrain ne peut le faire).

Contacts utiles

Services de l’archéologie de la DGO4
  • Agence wallonne du Patrimoine
  • Rue des Brigades d’Irlande, 1
    B-5100 Jambes
  • Tél. : +32 (0)81 33 21 89