Les bateaux de Pommerœul, une découverte archéologique majeure en Wallonie depuis un demi-siècle : nouvelle étude en cours
Plusieurs embarcations gallo-romaines ont été mises au jour à Pommerœul (Hainaut, Belgique) en 1975 sous la direction de François Hubert et Guy De Boe employés alors au Service national des Fouilles, « ancêtre » de l’Agence wallonne du Patrimoine.
Un chaland, classé Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et une pirogue sont présentés à l’Espace gallo-romain à Ath qui en assure la mise en valeur, depuis 1997 ; un troisième bateau incomplet est, lui, conservé en pièces détachées dans les réserves du musée.
Dans le cadre d’un projet global sur le site, Judith Montague, étudiante du programme MoMArch (Master of Maritime and Coastal Archaeology - UNIVERSITE D'AIX MARSEILLE) consacre son mémoire à l’étude du bateau IV de Pommerœul. Ce projet est réalisé en collaboration avec Florine Blin et son équipe de l'Espace gallo-romain et Giulia Boetto directrice du Centre Camille Jullian (Aix-en-Provence), promotrice de cette étude avec Cécile Ansieau.
Un patrimoine en réserve, mais riche de connaissances
Cette embarcation constitue une source précieuse pour la compréhension de la navigation antique. Son étude, rendue possible par la restauration par Alfred Terfve et qui aura duré de nombreuses années, les conditions de conservation et l'analyse des archives de fouilles, permet aujourd’hui d’explorer en profondeur les techniques de construction navale romaine en Gaule du nord.
L’étude du bateau IV
Le projet de Judith Montague vise à établir une analyse architecturale détaillée du bateau IV :
- identification des éléments structurels conservés ;
- étude des assemblages et des techniques de construction ;
- proposition d’une restitution cohérente de l’embarcation ;
- mise en perspective avec les autres chalands découverts à Pommerœul et en Europe.
Ce travail contribue à mieux comprendre les adaptations régionales de la batellerie romaine, notamment dans un environnement fluvial et marécageux comme celui de la vallée de la Haine.
Afin de mener à bien cette étude détaillée, plusieurs interventions préalables ont été nécessaires dont l’aménagement, au sein du musée, d’un espace climatisé afin de travailler dans des conditions optimales tant pour les vestiges organiques que les manipulations des grands et lourds éléments par l’équipe.
Chaque fragment a eu droit à un dépoussiérage en profondeur et un nouveau marquage réalisé avec l’intervention du Centre de Conservation et d’Études de l’AWaP. Ce travail minutieux est indispensable pour assurer le suivi et la préservation à long terme de ce remarquable témoin du passé gallo-romain. Il a été réalisé en parallèle à l’inventaire des pièces.
Une fois assemblés, les éléments ont fait l’objet d’un scannage 3D (AWaP-DST) et d’une campagne photographique afin de compléter la documentation après examen visuel et prise de mesures conventionnelles.
En août, les éléments du bateau rentreront dans leur réserve et le travail d’étude se poursuivra sur base de toute la documentation engrangée durant six semaines.
